L’aspérule odorante, reine des bois et des liqueurs…

Aspérule odorante

Aspérule odorante (Gallium odoratum)

L’Aspérule odorante ou Reine des bois (Gallium odoratum) est une espèce végétale herbacée pérenne de la famille des Rubiacées à tendance forestière. Elle pousse en importantes colonies sur des sols généralement calcaires, mais comme l’Ail des ours, elle semble occasionnellement s’accommoder de sols plus acides. Comme son nom latin l’indique, cette plante appartient au genre des Gaillets et en présente la morphologie caractéristique. Tous les marcheurs connaissent bien par exemple le Gaillet gratteron (Galium aparine), dont les fructifications serties de nombreux petits crochets, restent accrochés dans les lacets des chaussure ou sur les parties exposées des chaussettes. Ce dispositif sert à la plante à se fixer dans les poils des animaux de passage afin de disperser les fruits : c’est le phénomène d’exozoochorie (par opposition à l’endozoochorie où les fruits doivent être ingérés par les espèces disséminatrices). Si j’insiste sur ce phénomène, c’est tout simplement parce que l’Aspérule odorante emploie le même mécanisme biologique mais de façon moins marquée.

L’odeur de l’aspérule est particulière, mêlant des notes de foins à des saveurs sucrées, mielleuses ou encore vanillées. Celles-ci se développent lors du séchage de la récolte. La plante est utilisée dans le pays de Bitche afin de préparer diverses boissons telles que des sirops ou des apéritifs au vin blanc, mais aussi et surtout une liqueur, le Woldmeich’ter (de l’allemand Waldmeister) plus familièrement appelée Waldi.

Gallium odoratum est très présente sur le banc communal de Montbronn qui lui dédie une fête, le Waldifecht au début du mois de juin. Elle est organisée dans le Nassenwald (la forêt humide) et c’est une bonne occasion de découvrir la plante.

L’Aspérule odorante possède des vertus sédatives et permettrait de lutter, de par ses vertus diurétiques et antiagrégeantes contre la formation de calculs rénaux. Le principe actif de la plante est la coumarine et c’est précisément cette substance qui participe au développement des arômes caractéristiques lors du séchage du végétal.

L’Aspérule est une espèce sensible à l’arrachage, aussi faut-il mieux se munir d’un outil tranchant pour la récolte et ne prélever que la partie supérieure fleurie du plant, assurant ainsi leur pérennité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *