Le Chêne des Suédois à Reyersviller : souvenir vivant des horreurs de la guerre de Trente-Ans dans le Pays de Bitche

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Chêne des Suédois-vue d’ensemble

Il arrive parfois que le patrimoine historique et naturel se confondent… A la sortie du village de Reyersviller (D662), en direction de Siersthal, se dresse un majestueux chêne pédonculé (Quercus robur), remarquable tant par sa longévité, que par son histoire aussi tourmentée que sa couronne. Connu sous le nom de Chêne des Suédois, l’arbre haut d’une vingtaine de mètres, rappelle un épisode funeste de l’Histoire de la Lorraine : la Guerre de Trente-Ans !

Ce conflit, qui aura déchiré l’Europe de 1618 à 1648 n’épargna pas la Lorraine, enchâssée entre les terres du Saint-Empire Germanique et la France. Lorsque le Duc Charles IV décida de prendre parti pour l’Empire dans les années 1630, le duché fut envahi par les troupes françaises et par les mercenaires suédois.

Les exactions de ces-derniers dans le Pays de Bitche, dépassent l’imagination : pillages, destructions et massacres. Les troupes suédoises, protestantes, détruisirent ainsi un grand nombre de lieux de culte du secteur. On peut citer à titre d’exemple la chapelle de l’Etang à Bitche, ou encore celle de Notre-Dame de la Miséricorde à Mouterhouse.

On estime par ailleurs que 50% de la population de la Lorraine succomba durant le conflit. Il était fréquent que les mercenaires scandinaves viennent à exécuter les villageois des localités qu’ils traversaient. Au lieu d’élever de nombreuses potences, ils utilisaient les branches d’arbres vigoureux, pour y pendre parfois des villages entiers. Ce fut semble-t-il le cas pour notre Chêne des Suédois de Reyersviller, auquel furent pendus les habitants de Kirscheidt, localité aujourd’hui disparue. Un crucifix, fixé sur le tronc, vient encore de nos jours rappeler la mémoire de cet événement.

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Chêne des Suédois – Crucifix

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Chêne des Suédois-vue d’ensemble

Jacques Callot (1595-1632), contemporain de terribles exactions de la Guerre de Trente Ans, ne manqua pas d’y consacrer une série de huit gravures, intitulée les Misères et Malheurs de la Guerre (1633). Il n’oublia pas d’immortaliser à l’eau forte, comme symboles de ce traumatisme, les funestes mais célèbres arbres aux pendus…

Le triste usage de ses branches, nous renseigne cependant sur l’âge du Chêne des Suédois. Pour qu’on puisse y pendre un grand nombre de personnes, il devait déjà s’agir d’un bel arbre dans les années 1630. Il peut donc facilement être âgé d’un demi-millénaire, ce qui en fait sans aucun doute l’arbre le plus ancien des forêts bitchoises.

Un grand nombre de ses ramifications ont été coupées, ce qui altère profondément sa forme d’origine. Toutefois, son aspect tourmenté et son histoire remarquable, ne manqueront pas de susciter l’intérêt du passant.

4 commentaires

  1. bouschbacher dominique

    Bonjour, je voudrais savoir comment laisser reconnaître un arbre remarquable ? J’habite en Moselle et dans notre commune se trouve un magnifique chène .

  2. Durr Dominique

    Mon grand père était de Mouterhouse : Louis VALENTIN né en 1883 marié à Anne GRIMM née le 06/01/1888 à Stiring Wendel. Est ce que ces 2 noms vous disent quelque chose? Merci

    • Bernard Pfeiffer

      Bonjour,
      J’ai la trace d’un Louis Valentin né le 28 mars 1883 à Mouterhouse. Si c’est bien votre grand père, alors vous êtes cousin de mon épouse !

      cordialement

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