Un rocher chargé d’histoire
Le rocher de Dabo se trouve dans le sud-est de la Moselle, au cœur d’un massif boisé situé entre Sarrebourg, Phalsbourg et Saverne. C’est une masse de grès rose d’environ 30 mètres de haut, 80 mètres de long et 26 mètres de large. Son sommet culmine à 664 mètres d’altitude, selon l’office de tourisme. Le rocher est un site classé depuis 1935. Il est aussi recensé comme zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF de type I).
On le repère de loin, posé au-dessus des arbres comme un socle. De près, on mesure surtout la chance de ceux qui ont pu s’y installer : la position domine toutes les vallées voisines.
Le rocher a d’abord été un lieu de culte. Un temple gallo-romain dédié à Mercure aurait occupé le sommet. La tradition rapporte ensuite que le roi Dagobert y fit bâtir un relais de chasse. Vers le Xe siècle, un château s’y installe. Il devient la résidence des comtes de Dabo et le siège de leur comté. Sur ordre de Louis XIV, au moment où le comté passe sous l’autorité française, ce château est rasé à la fin du XVIIe siècle. Il n’en reste presque rien : le rocher a retrouvé sa silhouette nue.
La chapelle Saint-Léon
La chapelle qui coiffe aujourd’hui le rocher est dédiée à saint Léon IX. Ce pape, qui a régné au XIe siècle et a été canonisé en 1087, serait né à Dabo en 1002 selon une tradition locale. Elle reste discutée : Eguisheim, en Alsace, revendique aussi sa naissance. Une première chapelle a été élevée au début du XIXe siècle. Elle a été remplacée à la fin du même siècle par l’édifice actuel, de style néo-roman, dont le clocher sert de belvédère.
La chapelle reste un édifice religieux : gardez une attitude discrète à l’intérieur, surtout si d’autres visiteurs s’y recueillent.
La visite et le panorama
La plateforme sommitale offre un panorama à 360 degrés sur la forêt vosgienne et les crêtes environnantes. Par temps dégagé, on lit le relief vallée par vallée.
D’avril à octobre, l’accès à la plateforme et à la chapelle est payant. De novembre à mars, la visite est libre, mais l’accès à la plateforme peut être limité selon les conditions d’hiver. Prévoyez une heure sur place, davantage si vous pique-niquez dans les environs.
Mon conseil : visez une journée claire, au printemps ou en automne. Par temps de brouillard, la vue disparaît et la montée perd l’essentiel de son intérêt. Consultez la météo du massif avant de partir.
Avec des enfants
Le site se prête bien à une sortie en famille, à condition de tenir les plus jeunes par la main sur la plateforme. Racontez-leur l’histoire du château disparu avant de monter : le rocher nu devient plus parlant quand on sait ce qui s’y dressait. La visite est courte, ce qui laisse le temps d’enchaîner avec une petite randonnée. Plusieurs sentiers balisés partent des environs du rocher. Une boucle par le col de la Schleif et le rocher du Himbeerfels, par exemple, combine forêt et points de vue.
Autour du rocher : la commune de Dabo
Dabo est une commune étendue, faite de quatre villages (Dabo, Schaeferhof, Hellert et La Hoube) et d’une dizaine de hameaux. Elle compte environ 2 400 habitants. Le relief y est marqué : de 236 à 945 mètres d’altitude. Plusieurs curiosités naturelles méritent un détour à pied :
- le Backofenfels, un promontoire à 740 mètres ;
- le rocher du Nutzkopf, à 515 mètres ;
- le Steinerne Mænnel, un monolithe en forêt ;
- les maisons troglodytiques du Falkenfelsen.
Infos pratiques
Le rocher se trouve sur la RD 45, au carrefour du Rocher, sur la commune de Dabo. La voiture reste le moyen le plus simple pour venir. L’office de tourisme du Pays de Phalsbourg dispose d’un bureau à Dabo, ouvert en semaine toute l’année hors jours fériés. C’est là qu’il faut demander les cartes de randonnée et les conditions d’accès en hiver. Sur le site, le paiement se fait en espèces, par carte bancaire ou par chèque, et l’accueil se fait aussi en allemand et en anglais.
La région est à cheval sur deux départements : Dabo est en Moselle, mais Saverne et la plaine d’Alsace sont toutes proches. Combinez facilement la visite avec le plan incliné de Saint-Louis-Arzviller, à moins de 10 km à vol d’oiseau.

